25/8/16 – Dépôt de gerbe aux fusillés du Bois de Boulogne

Commémoration des fusillés de la Cascade du Bois de Boulogne

Dépôt de gerbe par Gérard Chédeville, délégué des Hauts-de-Seine de la Fondation de la France libre.


Au début du mois d’août 1944, ce sont 35 jeunes résistants de 18 à 22 ans qui décident de se retrouver et de prendre part à l’insurrection contre l’envahisseur et à la libération de Paris.

Les F.F.I. de Chelles, les Jeunes Chrétiens et les Jeunes de l’Organisation civile et militaire, ont eu un contact – par l’entremise du réseau Marco Polo. Ce sera le Capitaine « Jack » de l’Intelligence Service (on apprendra après la libération qu’il s’agit de Guy Glèbe d’Eu, comte de Marcheret) qu’ils doivent retrouver non loin de la Porte Maillot.

Rendez-vous est pris en secret pour le 16 à 11h.

C’est un mercredi, le temps est maussade et un orage s’annonce comme un funeste présage. L’heure approche et un quatrième groupe contactés par un certain Boulfroy, les F.F.I. du groupe Sicard de Draveil, sont en chemin pour les rejoindre.

Leur mission est de récupérer un important stock d’armes destiné à l’insurrection qui en manque cruellement.

Le Capitaine « Jack » arrive enfin, fait monter les jeunes à l’intérieur de plusieurs camions pour un trajet qui sera stoppé quelques centaines de mètres plus loin sur le boulevard de Salonique par un cordon de soldats allemands.

L’ensemble du groupe est emmené dans les locaux de la Gestapo de la rue des Saussaies. Interrogés, aucun élément ne ressort et en fin d’après midi les trois premiers résistants sont relâchés, « Diane », « Allary » et « Bertaire ».

Ils ignorent alors que la Gestapo est en train de monter un véritable guet-apens pour les prendre non sur fait armé de résistance, mais sur fait d’évasion.

Un faux prisonnier est enfermé avec eux – qui appartenait en réalité à l’Organisation Todt. Il les aides à s’enfuir, presque trop facilement. Ils parviennent à leur camion qui les amènent au 14 rue Leroux vers 15h.

Entrant dans ce bâtiment, ils s’aperçoivent trop tard de la trahison de Boulfroy : cet immeuble appartient à la Kriegsmarine.

Un combat éclate et les jeunes F.F.I. se défendent furieusement. Boulfroy est tué, quatre allemands sont tués et de nombreux sont blessés alors qu’ils perdent deux des leurs.

Les survivants sont emmenés à la tombée de la nuit près de la Cascade du Bois de Boulogne par la Gestapo qui garde l’entrée du secteur. Ils y sont assassinés à coup de grenades et de mitrailleuse.

L’ingénieur de la cascade, Octave Michel, racontera :

« Les hommes ont été descendus de force des camions, les rangs successifs sont tombés sur les cadavres des rangs les précédant, les dernières victimes ont été fusillés debout. L’un des fusillés des premiers rangs s’est traîné sur quelques mètres. Trois grenades ont été jetées sur le tas de victimes en guise de coup de grâce. Certains des cadavres étaient encore chauds, ce qui indique la longue agonie de certains. Aucun papier d’identité »

Les allemands avaient chargés les cadavres sur un camion des Eaux et Forêts qu’ils abandonnèrent avenue Foch.

Les dépouilles furent transférés dans une chapelle ardente de fortune et le 18 août, l’absoute générale fut donnée par l’abbé Borme en présence du maire du XVIe arrondissement.


Pierre-Alain Clostermann, secrétaire général FL92