Ordre de la Libération

L’ordre de la libération a été créé le 16 novembre 1940 à Brazzaville par le général de Gaulle, lequel ne s’estimait pas en droit de décerner la Légion d’Honneur. La médaille est chargée en face d’un écu traversé par un glaive sur lequel repose une croix de Lorraine, au revers de la devise ‘Patriam Servando Victoriam Tulit’ (En servant la patrie il a apporté la victoire)

Médaille de Compagnon de la Libération

Sur proposition de René Cassin – rédacteur des statuts de l’Ordre, les décorés seront appelés ‘Compagnons’ et l’ordre ne comportera qu’un seul grade, l’adjonction de citations ayant été abandonné.

La décoration devra être décernée pour une succession de faits d’arme de haute distinction, le général de Gaulle souhaitant que les titres de ses Compagnons soient ‘hors de pair’ et que l’ordre soit à l’image d’une ‘chevalerie exceptionnelle’ selon ses propres termes. Ils seront nommés par décret du chef de la France Libre, lequel valide les dossiers de candidature soumis au chancelier Georges Thierry d’Argenlieu.

Mais les personnes ne sont pas seules à pouvoir accéder au titre de Compagnon. C’est aussi le cas des unités militaires s’étant distinguées par de multiples actions d’envergure ou encore des communes ayant fait preuve d’actes de résistance remarquables.

En 1940, les cinq premiers compagnons forment alors le conseil de l’ordre et sont représentatifs des armes engagés dans les combats de la France Libre : le commandant de marine Georges Thierry d’Argenlieu est nommé chancelier, le gouverneur Félix Eboué, l’officier de marine marchande Edmond Popieul, le lieutenant Emmanuel d’Harcourt et l’adjudant aviateur Henry Bouquillard.

Lorsqu’un nouveau Compagnon reçoit sa médaille, le général de Gaulle prononce les paroles suivantes : ‘Nous vous reconnaissons comme notre Compagnon pour la libération la France dans l’honneur et par la victoire’.


Plaque en marbre avec les noms des Compagnons. Musée de l’Ordre de la Libération, Invalides (Paris)

La guerre terminée, plus aucun autre Compagnon ne devra être nommé et le général de Gaulle décrète la forclusion de l’ordre le 23 janvier 1946. On comptera au total 1038 Compagnons ainsi que 18 unités militaires et 5 communes (Paris, Grenoble, Nantes, Vassieux-en-Vercors et l’Île-de-Sein)


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Nombre de Compagnons encore vivants le 12/12/2018 :  5


Le grand collier de l’Ordre

En 1947 et sur avis du conseil de l’ordre est créé la fonction honorifique de ‘Grand Maître’ ainsi que le Grand Collier qui sera remis au général de Gaulle. A sa mort en 1971 il est décidé qu’il n’y aura pas d’autre Grand Maître. Il restera le titre de chancelier qui ne devra être porté que par un Compagnon.

En 2012 le conseil de l’ordre constatant que plus aucun Compagnon ne pourra assurer la chancellerie, et que ne demeureront éternellement que les communes faites Compagnon, remplace la chancellerie par le Conseil National des Communes ‘Compagnon de la Libération’ et le poste de chancelier par celui de délégué national.

Le dernier chancelier de l’Ordre sera Fred Moore. Devenant délégué national en 2012, il demandera à mettre fin à ses fonctions en janvier 2017 pour raisons de santé. Il sera alors nommé chancelier d’honneur, fait unique dans l’histoire de l’Ordre.

En 2017 et pour la première fois, l’Ordre se dote ainsi d’un délégué national qui n’est pas Compagnon, en la personne du général Christian Baptiste, ancien directeur du Musée de l’Armée.

Le public peut visiter le Musée de l’Ordre de la Libération créé par Claude Hettier de Boislambert – chancelier de 1962 à 1978, dans les locaux du Musée de l’Armée aux Invalides où est établi le conseil de l’Ordre.


Pierre-Alain Clostermann, secrétaire FL92

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