Bir Hakeim

Bataille de Bir Hakeim

Première victoire d’importance des Forces Françaises Libres, cette bataille s’est déroulée en mai et juin 1942 autour des restes d’un fort et d’un puits désaffectés à Bir Hakeim en Libye.

Lors d’une contre offensive allemande vers l’est, menée par le maréchal Rommel, les britanniques se replient sur la ligne Gazala-Bir Hakeim afin de l’empêcher de s’emparer du canal de Suez. La position est tenue depuis trois mois par la BFL des généraux français Larminat et Kœnig, rentrés de Palestine avec 3723 hommes.



Voyant la ligne de défense, Rommel choisit de l’envelopper par le sud et de remonter ensuite vers le nord en direction du canal de Suez.

L’attaque débute le matin du 27 mai par l’offensive de 150 blindés de la division italienne Ariete.  Alors qu’ils pensaient cette position sans importance et la bataille rapidement gagnée, la résistance des français les prends de cours. Le même jour, ils perdront 33 chars et 91 soldats seront capturés. Pour Rommel, c’est un camouflet inattendu. Le lendemain, l’armée italienne se contentera d’incursions isolées.

Le 29 mai ce sont huit mitrailleuses et 5 chars qui seront rayés des effectifs ennemis par deux divisions, dont une de la Légion Etrangère.

Le 30 mai une offensive ennemi se brise littéralement sur la défense de la 1ère Brigade Française et finit par battre en retraite, laissant 43 chars calcinés sur le champs de bataille et 180 prisonniers. Côté français, les pertes sont à peine croyable, et se limitent à trois blessés légers.

Le 31 mai les allemands poursuivent leur replis, ce qui permet au ravitaillement d’arriver le soir. Les français de la 1ère brigade ont reçus l’ordre de poursuivre l’ennemi et parviennent à El-Adem, quasiment à la même position qu’ils tenaient le 27 mai. Ils devront ensuite occuper Rotunda Segnali, à 80 km à l’ouest, les anglais prenant la relève.

Lundi 1er juin – Bir Hakeim : les Stuka de  la Luftwaffe bombardent la position. Les Bofors des fusiliers marins parviennent à empêcher les pilotes allemands de descendre assez bas pour choisir leurs cibles avec précision. Le soir, lors d’une attaque de 24 avions, les marins continuèrent à tirer sur l’un des Stuka, finissant par l’abattre. L’avion s’écrasa près d’eux, fauchant les 7 servants.


Bofors des fusillés marins © Fondation de la France Libre

La colonne française arrive le soir à Rotunda Segnali où le détachement ennemi bat vite en retraite. Dans la nuit ordre est donner de revenir et résister à Bir Hakeim.

Le 2 juin l’attaque est engagée directement par les troupes de Rommel et 1000 véhicules, blindés et mitrailleuses sont signalés. Mais au lieu des chars, les hommes virent arriver à Bir Hakeim des parlementaires italiens venant proposer une capitulation des français. Celle-ci est décliné avec courtoisie mais fermeté par le général Kœnig qui refuse de se rendre sans se battre.

C’est alors que les bombardements commencèrent et que l’artillerie ennemie appuya ses feux sur Bir Hakeim.

Le mercredi 3 juin, l’offensive se poursuit, et douze Messerschmitt 109  mènent plusieurs assauts de mitraillage contre les Bofors, perdant trois avions avant de se retirer. S’ensuivit un duel d’artillerie de plusieurs heures puis de nouveaux bombardements par les Stuka, eux-mêmes attaqués par les chasseurs britanniques contre lesquels ils restaient sans défense. Sur Bir Hakeim on assistait à un véritable chassé-croisé d’avions, les premiers bombardant la position, les seconds mitraillant les premiers. A 17h, sur une attaque de 12 Stuka, les anglais en descendirent 7.


Les bombardements sur Bir Hakeim © Fondation de la France Libre

Le 4 juin les attaques de Stuka persévèrent, par groupe de douze avions à chaque demi-heure. La D.C.A. française se défend avec vigueur et détermination, abattant plusieurs appareils. Le reste de la journée se déroule comme la veille, en duel d’artillerie, alors que Rommel est là quelque part, surveillant la bataille.

Le 5 juin un nouvel émissaire italien tenta de proposer une capitulation aux français, renvoyé dans le champs ennemi avec la même réponse que trois jour plus tôt.

Puis arrivèrent les obus de 220 mm contre lesquels les 75 français ne pouvaient pas grand chose. Cependant ils ‘arrosaient le paysage’ sans cesse, faisant place nette jusqu’à 5 km à l’extérieur des champ de mines, détruisant tout véhicule allemand qui avait l’audace de se présenter.


Les 75 mm français à Bir Hakeim © Fondation de la France Libre

Le 6 juin les attaques d’artillerie se poursuivent et sont maintenant appuyées par celles de l’infanterie allemande, laquelle subit de lourdes pertes en venant s’écraser contre les mortiers de 75 français. A 17 heures les soldats allemands hissent un drapeau blanc, leur permettant de bénéficier de 10 minutes de trêve pour récupérer leurs blessés. Un court silence s’abat alors sur Bir Hakeim.

A 8 heures du soir, un nouvel assaut est encore repoussé.

Du 7 au 9 juin la bataille se poursuit, alternant sans relâche bombardements, chasseurs, artillerie et infanterie, mais la position française est tenue et ne plie pas.

Le 10 juin au matin, le général Kœnig reçoit l’ordre de quitter Bir Hakeim la nuit suivante. A 13 heure 100 Stuka lancent une attaque coordonnée, déversant 50 tonnes de bombes. Toutes les pièces disponibles sont en action puis le calme revient. A 17 heures, le général Kœnig transmet l’ordre d’évacuation à la brigade – soulagée par cette nouvelle. Ils devront quitter la nuit en se frayant une ouverture par le sud.

Sur cette annonce, vers 18 heures, arrivent 120 autres Stuka . Tous les 75 sont déployés jusqu’à la fin de l’attaque vers 22 heures. La moitié des canons sont alors hors d’usage et il ne reste plus en tout et pour tout que 22 obus dans la réserve… !

L’évacuation commence peu après minuit, réussissant à se frayer un chemin comme prévu. Dans les heures qui suivirent, les quatre barrages allemands sont franchis non sans peine, la colonne étant constamment prise sous le feu des tirs ennemis.

Le 11 juin vers 5 heures du matin l’évacuation est terminée et la colonne poursuit sa route. personne ne parle, personne ne fume…

A 50 km au sud-est de Bir Hakeim, les différents éléments de la 1ère brigade se regroupent. Les morts de la veille sont mis en terre, dans la simplicité mais avec tout le respect dû ces derniers disparus, ceux qui permirent à la colonne d’évacuer.


Légionnaires français après la Bataille de Bir Hakeim © Keystone-FranceGamma-Rapho

La Bataille de Bir Hakeim, qui ne marqua pas la capitulation des divisions allemandes en présence, permis néanmoins par leur immobilisation de laisser aux britanniques un répit qui a sauvé l’Egypte.

Après ce combat furieux qui, durant quinze jours, marqua la première victoire d’importance des Forces Françaises Libres sur celles de l’Axe, la légende de la 1ère DFL du général Kœnig commença à s’écrire.

 

Pierre-Alain Clostermann, secrétaire FL92


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